Que dit la HAS du traitement de la lombalgie ?
Pour la lombalgie commune, c'est-à-dire sans signe d'alerte, la Haute Autorité de Santé (HAS) fait de l'exercice physique le traitement principal (grade B). En première intention, elle recommande l'autogestion et la reprise des activités quotidiennes, y compris professionnelles lorsque c'est possible, ainsi que les activités physiques adaptées et sportives. Le repos au lit n'est pas recommandé : selon l'Assurance Maladie, le repos et l'inactivité risquent de faire persister la douleur. Les antalgiques peuvent soulager les accès douloureux, mais aucun n'a prouvé d'efficacité à moyen terme sur l'évolution d'une poussée aiguë : leur rôle est de soulager, pas de guérir.
Aiguë ou chronique : deux logiques différentes
La poussée aiguë : rassurer et maintenir l'activité
Dans 90 % des cas, la lombalgie commune évolue favorablement en moins de 4 à 6 semaines (HAS). Le rôle du professionnel est de rechercher les signes d'alerte, de délivrer une information rassurante sur le pronostic et d'encourager le maintien de l'activité au niveau que la douleur permet. Les représentations inquiétantes, comme l'idée que la douleur signale un danger, figurent parmi les facteurs de risque de chronicité identifiés par la HAS. L'imagerie réalisée sans signe d'alerte peut les renforcer : elle révèle souvent des anomalies banales, également fréquentes chez des personnes sans douleur, qui inquiètent sans modifier la prise en charge. La HAS ne la recommande donc pas lors d'une poussée aiguë, en l'absence de corrélation systématique entre les images et les symptômes.
La lombalgie chronique : reconditionner
Au-delà de trois mois, la lombalgie est dite chronique. La peur du mouvement, les comportements d'évitement et le contexte psychologique, social et professionnel pèsent alors sur l'évolution : la HAS recommande de les rechercher tôt et d'adopter une prise en charge globale, dite « bio-psycho-sociale ». Le traitement repose sur des exercices thérapeutiques adaptés à la situation clinique, enseignés par un kinésithérapeute puis poursuivis à domicile, avec une participation active du patient (grade B). Les thérapies passives utilisées seules n'ont pas d'effet sur l'évolution. Une revue Cochrane de 2021 portant sur 249 essais conclut, avec un niveau de certitude modéré, que l'exercice est probablement efficace sur la douleur par rapport à l'absence de traitement, aux soins habituels ou à un placebo. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) retient elle aussi les programmes d'exercices structurés dans ses lignes directrices de 2023 sur la lombalgie chronique.
Construire la remise en mouvement
- Évaluer : signes d'alerte, facteurs de risque de chronicité (« drapeaux jaunes »), capacités et appréhensions, selon la méthode de la réadaptation fonctionnelle. La HAS recommande de réévaluer le patient 2 à 4 semaines après une poussée aiguë ;
- Doser : commencer au niveau que la douleur autorise, avec une activité progressive et fractionnée ;
- Progresser : augmenter la charge et l'amplitude par paliers, la douleur servant de guide plutôt que d'interdit ;
- Maintenir : selon la HAS, pratiquer régulièrement une activité physique ou des exercices d'auto-rééducation diminue le risque de récidive (grade B).
Parmi les affections musculo-squelettiques, la lombalgie est celle dont la prévalence est la plus élevée au monde et la principale cause d'invalidité, selon l'OMS. Son accompagnement peut mobiliser le sport sur ordonnance et l'activité physique adaptée.
Questions fréquentes
Faut-il se reposer quand on a mal au dos ?
Non. Le repos au lit n'est pas recommandé : selon l'Assurance Maladie, le repos et l'inactivité risquent de faire persister la douleur. La HAS recommande au contraire l'autogestion et la reprise des activités quotidiennes dès que possible, puis leur augmentation progressive.
Quel est le meilleur exercice contre la lombalgie ?
Les recommandations n'en désignent aucun. L'Assurance Maladie rappelle qu'il n'existe pas de gymnastique spécifique contre les douleurs lombaires, et la HAS demande de tenir compte des préférences du patient. Ce qui compte, c'est une activité progressive, régulière et adaptée, d'où l'intérêt d'un programme individualisé.
Faut-il passer une radio ou une IRM pour une lombalgie ?
Pas lors d'une poussée aiguë sans signe d'alerte (fièvre, traumatisme important, déficit neurologique, altération de l'état général…) : la HAS ne la recommande pas, faute de corrélation systématique entre les images et les symptômes. En cas de lombalgie chronique, au-delà de trois mois, la HAS recommande en revanche une IRM, même en l'absence de signe d'alerte.
Combien de temps dure une poussée de lombalgie ?
Dans 90 % des cas, la lombalgie commune évolue favorablement en moins de 4 à 6 semaines, selon la HAS. Celle-ci recommande de réévaluer le patient 2 à 4 semaines après une poussée aiguë.
Quand une lombalgie devient-elle chronique ?
Au-delà de trois mois d'évolution, selon la définition de la HAS. Une lombalgie qui récidive dans les 12 mois doit aussi être considérée comme à risque de chronicité. La prise en charge repose alors sur les exercices thérapeutiques et sur une approche globale, physique, psychologique et socioprofessionnelle.
La lombalgie peut-elle être reconnue comme maladie professionnelle ?
Les tableaux 97 et 98 du régime général reconnaissent, sous conditions, certaines affections chroniques du rachis lombaire, comme la sciatique par hernie discale, liées aux vibrations transmises au corps entier ou à la manutention manuelle de charges lourdes. En cas d'arrêts de travail répétés ou prolongés au-delà de 4 semaines, la HAS recommande de solliciter le médecin du travail.
Relecture éditoriale en cours par le comité éditorial de MYA.
Contenu éditorial destiné à l'information des professionnels de santé. Il ne constitue pas un avis médical individuel et ne remplace pas l'évaluation d'un professionnel.